Une franche conversation
D’un musée de Paris à une galerie de New-York, des Rencontres d’Arles à une librairie de Bologne, Joel Meyerowitz s’est régulièrement, pendant des décennies, trouvé sur le chemin de notre rédactrice. Mais uniquement à travers ses œuvres, ou de loin, car, même si elle avait dès leur découverte été emballée par ses travaux et la personne que ceux-ci laissaient imaginer, elle n’avait jamais approché ce grand de la photo. C’est par un beau jour d’été, tout au sud de l’Espagne, que la rencontre a eu lieu.
Today was a joyous day, a morning with bells and birds...*, tel est le début de la dédicace que Joel Meyerowitz vient de rédiger sur la page de garde de mon livre favori, A summer’s day. C’est vrai ; le carillon et les pépiements d’oiseaux s’entendront, mélodieux, sur mon enregistrement de ce matin de juin passé dans la cour ombragée du splendide Musée Picasso de Malaga. Une base de palais du XVIe siècle, qui ne cesse de s’agrandir. Il est toujours bon d’avoir de la place – outre les salles consacrées aux œuvres du maître espagnol, le musée offre un espace conséquent à des expositions temporaires. En ce début d’été 2024, et pour un semestre, il met à l’honneur le photographe américain Joel Meyerowitz. Avec qui je viens de passer deux heures à discuter – j’étais censée l’interviewer une trentaine de minutes. Car à la veille de l’ouverture au public, une présentation pour la presse a été – somptueusement – organisée. Quatre chanceux journalistes invités, et moi qui ne me sens pas vraiment du sérail. L’événement inclut, entre autres, la visite en présence du photographe et du nouveau directeur du musée, Miguel López-Remiro, ainsi qu’un dîner couronné par un spectacle de flamenco – un guitariste et une explosive chanteuse-danseuse, qui emporte l’enthousiasme. Olé !